Le joueur de luth entre en scène

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Dévoilé au public à la faveur de la fête de la musique, le Joueur de luth rejoint le parcours de visite du salon vert.

Le portrait de musicien constitue un sujet de prédilection des peintres caravagesques, qui affectionnent les représentations intenses et les effets de lumière contrastés. Dans le Joueur de luth, réalisé vers 1620, Nicolas Tournier adopte une pose frontale et une lumière crue. Les mains du modèle sont tendues et ses doigts crispés sur les cordes de l’instrument. La bouche entrouverte, le regard surpris, le personnage semble saisi sur le vif. Cette expression énigmatique est rendue par une précision naturaliste.

Commandé par le Capitoul de Toulouse Ferréol de La Fage, procureur du roi au comté de Comminges, ce tableau était resté dans des collections privées depuis le 17e siècle. Préemptée en salle des ventes à Paris à l’automne 2024, l’œuvre a rejoint les collections du musée des Augustins grâce à la mobilisation de plusieurs acteurs (lire l’article).

Pour sa présentation au public, le tableau a été accompagné de quatre autres portraits peints par Nicolas Tournier : deux portraits religieux (Saint Pierre et Saint Paul) et deux portraits profanes (Un Soldat et Le roi Midas). 

Installation du joueur de luth - Décrochage des anciens tableaux
Le mouvement d’œuvres, opération nécessaire à chaque scénographie

FOCUS

Nicolas Tournier (Montbéliard, 1590 – Toulouse, 1639)

Il est le grand peintre languedocien de la première moitié du 17e siècle. Formé à Rome (de 1617 à 1626) au contact des élèves de Caravage, en 1626 il revient en France fortement influencé par ce mouvement artistique ténébreux et naturaliste. Dans le sillage des peintres caravagesques Bartolomeo Manfredi (1582-1622) et Nicolas Régnier (1568-1667), son œuvre se distingue néanmoins par un style plus maniériste, des personnages raffinés ou encore des compositions géométriques.

C’est à Toulouse, où il s’installe jusqu’à sa mort, qu’il réalise ses plus grands chefs-d’œuvre. Aujourd’hui, le musée des Augustins conserve un corpus très significatif de l’œuvre de cet artiste toulousain, comprenant des toiles de grand format ainsi que des portraits à sujets religieux et profanes.

Cette scénographie spéciale n’est déployée sur les cimaises du salon vert que pour quelques mois. Il s’agit donc d’un accrochage temporaire, pensé comme un cadeau offert en avant-première à tous les amateurs d’art ancien, puisque l’œuvre est destinée à rejoindre de façon pérenne le nouveau parcours de l’église à l’horizon 2027.

A LIRE

Augustins Magazine, Été – 2026

Dans la rubrique Vie des collections découvrez un focus sur le tableau Le Jour de Luth.

A ÉCOUTER *

Les Pauses musicales

  • Tous les jeudis de nocturne du mois
  • Tous les jeudis de juillet, 18h30 – 19h.

* en partenariat avec le département Musique de l’Université Toulouse – Jean Jaurès

Les visites guidées : Les peintres caravagesques

À 14h30 les :

  • 18, 19, 20 et 21 juin
  • 3 et 24 juillet
  • 14 août
  • 4 et 25 septembre
La "Une" du magazine de l'été 2026 du musée des Augustins
La Une du magazine Été – 2026