Carlo Sarrabezolles : Sculpteur du monumental

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Charles, Marie, Louis dit Carlo Sarrabezolles, est né à Toulouse en 1888. Élève à l’École des Beaux-Arts de Toulouse, il y obtient le premier prix de sculpture (1907). Jean-Paul Laurens lui ayant obtenu une bourse, il rentre à l’École des Beaux-Arts de Paris dans l’atelier du sculpteur Antonin Mercié.

Carlo Sarrabezolles à l’École des Beaux-Arts de Paris en 1912 (Assis en hauteur : 1er à droite) Crédit – G. Sarrabezolles-Appert.

Reconnu pour son talent, il se distingue dès 1914 en remportant la deuxième place au Grand Prix de Rome.
Novateur tout autant que virtuose, il s’illustre surtout dans l’immédiat après-guerre par l’invention d’une technique « la sculpture sans maquette par taille directe du béton en prise ».
Ce procédé sculptural – dont il dépose le brevet en 1933 – s’exécute sans moule directement sur le ciment décoffré. Tout repentir est donc proscrit. Passé maître dans le domaine, plusieurs commandes de décors architecturaux (notamment des églises) lui sont confiées. Grâce à cette expertise reconnue, il devient le sculpteur du monumental, du colossal.

Dans cette archive de l’INA, un reportage filmé en 1928, on voit Carlo Sarrabezzoles sculptant un groupe de statues de l’église Sainte-Thérèse à Elisabethville sur la commune d’Aubergenville (Yvelines).

Carlo meurt à Paris en 1971. Bien qu’ayant vécu l’essentiel de sa carrière en région parisienne, Carlo Sarrabezolles est resté profondément attaché à sa ville natale : Toulouse.
Sa fille Geneviève Sarrabezolles-Appert œuvre avec l’énergie de ses 94 ans à la reconnaissance et à la promotion de l’œuvre de son père. Des liens se sont tissés naturellement entre la famille et le musée des Augustins. En 2011, elle donnait au musée la maquette (ci-dessous) la plus aboutie du « Génie de Toulouse ».

Maquette "Le Génie de Toulouse" (70cm)
(Lire la notice d’œuvre)

En 2025, l’acquisition de sa version monumentale (ci-dessous) est entérinée et rejoint les collections du musée.
Geneviève Sarrabezolles-Appert était présente lors de l’ouverture du musée en décembre dernier pour découvrir le monumental « Génie de Toulouse » aujourd’hui installé dans la boutique du musée, visible tel un signal depuis la rue.
Huit autres maquettes en plâtre et terre cuite sont encore conservées dans les archives familiales et retracent l’évolution de l’֯œuvre.

« Le Génie de Toulouse » dans la boutique du musée

Une allégorie de la ville de Toulouse

Le « Génie de Toulouse » est le fruit d’un long travail de recherches et de maturation, comme en atteste une série de maquettes produites par l’artiste dont deux sont conservées aujourd’hui au musée des Augustins.

Imaginant d’abord une forme féminine, « L’Ame de la cité », Carlo Sarrabezolles offre ensuite à son allégorie de la ville de Toulouse la forme d’un ange ailé, bras levés, qui porte et brandit la ville elle-même au-dessus de sa tête. Le génie s’apprête à poser cette ville miniature sur son histoire : sur la colonne devant lui sont notées de nombreuses inscriptions et sculptées des figures marquantes de l’histoire de Toulouse.

Conçue en 1941-1942, lors du séjour de Sarrabezolles à Toulouse, cette sculpture bénéficie du soutien de la Ville et de l’Etat, avant que le projet ne soit finalement abandonné au sortir de la guerre. L’œuvre ne sera jamais transcrite en pierre sur le parvis de la cathédrale Saint-Étienne, comme l’artiste le souhaitait ardemment.

Maquette monumentale "Le Génie de Toulouse" installée dans la boutique du musée