« Le Joueur de luth » de Nicolas Tournier

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peinture de Nicolas Tournier intitulée "Le Joueur de luth", 17e siècle. Photo Galerie Millon, Paris

Nouvelle acquisition

Le 20 novembre 2024, le musée des Augustins a préempté une toile de Nicolas Tournier en salle des ventes (Hôtel Drouot, Paris), pour un montant de 330 000 € au marteau. C’est une acquisition exceptionnelle qui vient idéalement compléter les collections du musée des Augustins, le musée de référence pour ce peintre caravagesque.

Nicolas Tournier, le peintre du Languedoc le plus important dans la première moitié du XVIIe siècle

Nicolas Tournier est le peintre du Languedoc le plus important dans la première moitié du XVIIe siècle. Né à Montbéliard, il se forme à Rome de 1617 à 1626 au contact des élèves de Caravage dont il adopte le réalisme. Proche de Simon Vouet, il s’inspire de Bartolomeo Manfredi et Nicolas Régnier pour ses scènes de banquets et de concerts, mais aussi des oeuvres de jeunesse du Caravage : il est en cela le plus étonnant des caravagesques français. C’est à Toulouse, où il s’installe ensuite jusqu’à sa mort en 1639, qu’il réalise ses grands chefs-d’œuvre.


Le musée des Augustins, lieu de référence pour l’œuvre de Tournier

Le musée des Augustins conserve un ensemble très significatif d’œuvres du peintre et a très largement contribué à la redécouverte et à la valorisation de l’artiste en organisant notamment en 2001 sa première exposition monographique ainsi qu’un colloque.
Nicolas Tournier est déjà présent dans les collections du musée qui conserve de grandes toiles à sujet religieux (« Le Portement de Croix », « La Bataille de Constantin contre Maxence » par exemple) et des portraits à l’iconographie plus singulière (« Le Roi Midas »).


Une œuvre inédite

« Le Joueur de luth » est un peu le chaînon qui manquait au musée pour faire le lien entre les deux pans du corpus français de l’artiste. Ici, le personnage s’inscrit dans la tradition des nombreux musiciens du caravagisme. Ce portrait de musicien est peint de façon frontale, sous une lumière crue, comme saisi sur le vif dans une expression énigmatique : il a la bouche entrouverte, le regard surpris, la pose figée et les mains tendues. Les détails sont d’un raffinement extrême.


Une mobilisation exceptionnelle

L’acquisition de cette œuvre, pour un montant total de 429 075 € frais compris, a été rendue possible grâce à la mobilisation de plusieurs acteurs : la mairie de Toulouse a été accompagnée dans cet ambitieux projet par une aide exceptionnelle de l’Etat via le Fonds du Patrimoine – Ministère de la Culture et par le généreux soutien de l’Association des Amis du musée des Augustins engagée depuis plus de vingt ans dans la promotion des actions du musée.

  • Ville de Toulouse : 276 075 euros (64,34 %)
  • Fonds du Patrimoine : 100 000 euros (23,31 %)
  • Association des Amis du Musée : 53 000 euros (12,35 %)